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Nous parlons des expériences de mort imminente, mais chaque jour nous vivons de petites morts

On parle souvent des expériences de mort imminente. Ces récits fascinants où la frontière entre la vie et la mort semble se dissoudre, où le temps se replie sur lui-même, où tout devient lumière, paix ou révélation. Ils intriguent, ils rassurent parfois, ils interrogent notre peur ultime : celle de la fin.

Mais à force de regarder la mort comme un événement exceptionnel, spectaculaire, lointain…on oublie quelque chose d’essentiel : chaque jour, nous vivons de petites morts.


Les petites morts du quotidien

Il n’est pas question ici de mort physique, mais de ces disparitions silencieuses qui jalonnent nos vies.

La personne que nous étions hier n’existe déjà plus tout à fait. Une version de nous s’efface quand :

  • une relation se termine

  • un rêve devient irréalisable

  • une illusion tombe

  • une période de vie se ferme

  • une certitude se fissure

    Ce sont des morts discrètes, sans cérémonies, sans mots officiels. Pourtant, elles laissent une trace.


    Grandir, c’est mourir un peu

    L’ enfance meurt quand l’innocence recule. L’ adolescence meurt quand les possibles infinis se confrontent au réel. L’ adulte que nous étions il y a cinq ans n’est plus exactement celui d’aujourd’hui.

    Chaque transformation implique une perte. On ne devient jamais quelqu’un de nouveau sans laisser quelqu’un derrière soi. Chaque choix implique des conséquences.

    Et pourtant, nous résistons souvent à ces petites morts.

    Nous nous accrochons :

    • à ce que nous étions

    • à ce que nous pensions être

    • à ce que nous pensions devoir devenir

    Comme si accepter la fin d’une version de nous-mêmes était un échec.


    Pourquoi ces petites morts sont nécessaires

    Contrairement à ce que l’on croit, ces petites morts ne sont pas des ennemies. Elles sont des passages.

    Sans elles :

    • pas de maturation

    • pas de lucidité

    • pas de liberté intérieure

    Chaque petite mort enlève une couche :

    • une attente irréaliste

    • un masque

    • une peur héritée

    • une histoire que l’on se raconte


    Elles font mal, oui. Mais elles ouvrent de l’espace.


    La différence avec la mort imminente

    Les expériences de mort imminente fascinent parce qu’elles promettent une révélation brutale et totale. Un avant et un après très net.

    Les petites morts, elles, sont moins spectaculaires. Elles n’illuminent pas toujours. Elles fatiguent. Elles demandent du temps.

    Mais elles ont quelque chose de plus intime : elles nous transforment de l’intérieur, lentement, profondément.


    Apprendre à reconnaître ses petites morts

    Peut-être que la vraie sagesse n’est pas d’attendre une grande révélation au seuil de la mort, mais d’apprendre à reconnaître ces petits deuils quotidiens :

    • accepter de ne plus être celui ou celle d’avant

    • laisser partir ce qui ne nous ressemble plus

    • faire le deuil d’une version idéalisée de nous-mêmes

    Ce n’est pas renoncer à vivre. C’ est, au contraire, vivre plus vrai.


    En conclusion

    On parle beaucoup de la mort comme d’un moment unique, spectaculaire, définitif. Mais la vie, elle, est faite de fins discrètes et de recommencements constants.

    Peut-être que la vraie question n’est pas :

Que se passe-t-il quand on frôle la mort ?

Mais plutôt :

Comment acceptons-nous de mourir un peu, chaque jour, pour continuer à vivre pleinement ?

Lise PHILIPPE

 
 
 

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