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LA FRANCE AU BORD DE LA FRACTURE

il y a 20 minutes
12 min de lecture

Quand les différences deviennent des armes et que la haine prend la place du dialogue

Depuis de nombreuses années, j'observe, j'analyse, je vais sur le terrain notamment des manifestations ces derniers temps, je lis les commentaires et les posts sur les réseaux, je lis aussi les avis des personnes dans les nombreux groupes auxquelles j'appartiens et j'avoue que beaucoup de choses m'effraient.


Il y a quelque chose qui devrait profondément nous inquiéter dans l'évolution de notre société française : nous semblons de moins en moins capables de faire société.

Nous nous divisons, nous nous opposons, nous nous catégorisons. Nous cherchons de plus en plus souvent à savoir de quel camp est celui qui nous parle, à quelle religion il appartient, pour quel parti il vote, quelle idéologie il défend, quelle origine il revendique ou quelle communauté il représente.

Avant même d'écouter une personne, nous cherchons parfois à l'identifier, à la classer, à la situer dans une catégorie.

Et si elle ne partage pas nos convictions, nos croyances ou notre vision du monde, elle devient rapidement suspecte, voire ennemie.

Ce phénomène n'est pas anodin. Il constitue un véritable danger pour notre cohésion sociale, pour nos libertés individuelles et pour notre capacité à construire un avenir commun. C'est le "tu es avec OU contre moi". Plus de nuances, plus de couleurs entre le blanc et le noir (et d'ailleurs qui est blanc, qui est noir?).


Car une société ne s'effondre pas uniquement sous le poids de ses difficultés économiques ou institutionnelles. Elle peut aussi se défaire de l'intérieur, lorsque ses membres cessent de se reconnaître comme appartenant à une même communauté humaine.


1. Quand la religion devient une frontière

La liberté de conscience est un droit fondamental. Chacun doit pouvoir croire, ne pas croire, pratiquer une religion ou choisir une spiritualité sans subir de pression ni de discrimination.

Mais il existe une différence fondamentale entre vivre sa foi et vouloir imposer sa foi aux autres.

Le danger apparaît lorsque la religion devient un marqueur identitaire absolu, une vérité qui ne peut être interrogée, une autorité qui prétend déterminer ce que les autres doivent penser, faire ou devenir.

Lorsque la croyance prend le dessus sur le respect de l'autre, lorsque le dogme remplace le discernement, lorsque l'appartenance religieuse devient plus importante que la liberté individuelle, nous entrons dans une logique de séparation.

Ce mécanisme ne concerne pas une religion en particulier. Il peut traverser toutes les croyances et toutes les traditions. Même ce que des personnes appellent simplement la "spiritualité".

Une société démocratique ne peut pas fonctionner durablement si les convictions religieuses deviennent des instruments de domination, de pression sociale ou de confrontation.

La liberté religieuse doit être protégée. La liberté de ne pas croire également.

Personne ne devrait avoir à choisir entre sa liberté de conscience et son appartenance à la société française.


2. Les partis politiques : quand le débat devient une guerre de camps

La démocratie suppose le désaccord. Elle suppose même la confrontation des idées.

Mais aujourd'hui, une partie du débat politique semble avoir progressivement abandonné sa fonction première : confronter des propositions pour construire des réponses collectives.

À la place, nous assistons trop souvent à une guerre de camps. Avec des insultes rapides "gauchiasses" VS "droitards"

Les opposants ne sont plus simplement des personnes qui pensent différemment. Ils deviennent des ennemis à abattre, des traîtres, des idiots, des complices ou des menaces pour la nation.

Les étiquettes remplacent les arguments. Les slogans remplacent les raisonnements. Les appartenances prennent le dessus sur les idées.

Et pendant que les citoyens s'affrontent, les véritables questions restent parfois sans réponse : comment protéger les plus vulnérables ? Comment garantir l'accès aux soins ? Comment préserver l'éducation ? Comment lutter contre la précarité ? Comment restaurer la confiance dans les institutions ?

La politique (au sens noble du terme pas "les politiques") devrait permettre aux citoyens de reprendre leur pouvoir d'agir. Elle ne devrait pas les enfermer dans des identités partisanes.

Il faut pouvoir critiquer un parti sans être assimilé à son adversaire. Il faut pouvoir changer d'avis sans être accusé de trahison. Il faut pouvoir reconnaître une bonne idée chez quelqu'un avec qui nous sommes en désaccord.

La démocratie ne consiste pas à faire taire ceux qui pensent autrement. Elle consiste à rendre possible leur coexistence. Mais sommes nous en démocratie?


3. La montée de la haine et du racisme : le retour dangereux de la désignation de l'autre

Quand une société traverse des crises, elle cherche des explications. C'est humain.

Mais elle cherche aussi parfois des responsables faciles à identifier. et généralement à l'horizontal plutôt qu'à la verticale.

L'étranger, l'immigré, le croyant, l'athée, le riche, le pauvre, le militant, le fonctionnaire, le jeune, le retraité…

Chacun peut devenir, à un moment donné, le responsable désigné des difficultés collectives.

C'est ainsi que les préjugés se transforment en discours de rejet, que les amalgames deviennent des opinions ordinaires et que la haine finit par trouver une place dans le débat public.

Le racisme ne se limite pas aux insultes ou aux agressions physiques. Il s'installe aussi dans les généralisations, les déshumanisations, les suspicions collectives et les discours qui attribuent à des individus les caractéristiques supposées de tout un groupe.

Mais attention : lutter contre le racisme ne signifie pas interdire de parler des problèmes réels.

Nous devons pouvoir aborder les questions d'intégration, d'immigration, de sécurité, de communautarisme, de discriminations et de cohésion nationale sans être automatiquement disqualifiés, sans être traités de tous les noms.

La condition est simple : parler des faits, des responsabilités et des comportements sans essentialiser des populations entières.

On peut condamner un acte sans condamner une origine. On peut critiquer une idéologie sans rejeter les personnes qui lui sont associées. On peut défendre une culture sans mépriser les autres.

La dignité humaine ne devrait jamais dépendre de l'origine, de la religion, de la couleur de peau ou de l'opinion politique.


4. Le fascisme : quand l'autorité, la peur et l'exclusion deviennent un projet politique

Le mot fascisme est aujourd'hui utilisé à toutes les sauces.

Il est parfois brandi pour disqualifier un adversaire politique, parfois employé pour désigner des comportements autoritaires, parfois utilisé sans véritable compréhension de ce qu'il recouvre historiquement.

Pourtant, nous aurions tort de banaliser les mécanismes qui ont permis l'émergence des régimes fascistes. Et si vous ne connaissez pas l'Histoire, la vraie, pas celle racontée par les vainqueurs, selon moi, plusieurs drapeaux rouges/alertes sont présentes depuis un long moment dans notre pays!

L'histoire nous enseigne que les libertés ne disparaissent pas toujours brutalement. Elles peuvent être progressivement fragilisées lorsque la peur devient un instrument de gouvernement, lorsque l'opposition est présentée comme une menace, lorsque la violence politique est tolérée et lorsque certains groupes sont désignés comme indésirables.

Le fascisme historique s'est notamment construit autour de l'autoritarisme, du culte du chef, de l'ultranationalisme, de la suppression du pluralisme politique et de la désignation d'ennemis intérieurs.

Aujourd'hui, il est essentiel de savoir reconnaître les tendances autoritaires, les discours de déshumanisation, les projets d'exclusion et les tentatives de restriction des libertés démocratiques.

Mais il faut également refuser les amalgames : toute politique ferme, tout discours national ou toute opposition politique ne constitue pas du fascisme.

Le danger est suffisamment sérieux pour que nous utilisions les mots avec précision.

La vigilance démocratique exige du discernement, pas des anathèmes.


5. Le séparatisme : quand les appartenances prennent le dessus sur le destin commun

Qu'il soit religieux, politique, idéologique ou identitaire, le séparatisme pose une question fondamentale : qu'est-ce qui nous rassemble encore ?

Une société peut être diverse. Elle peut être traversée par des convictions contradictoires, des cultures différentes, des traditions multiples et des visions du monde opposées.

Cette diversité n'est pas nécessairement une menace.

Le problème commence lorsque des groupes ne se reconnaissent plus aucune obligation commune, lorsque les règles collectives sont contestées au nom d'une appartenance particulière, lorsque le dialogue devient impossible et lorsque chacun considère que ses intérêts ou ses convictions doivent systématiquement primer sur ceux des autres.

Il ne s'agit pas d'exiger que tout le monde pense pareil.

Il s'agit de préserver un socle commun : les libertés fondamentales, l'égalité devant la loi, la dignité humaine, le respect des autres et les principes démocratiques.

La République ne devrait pas demander aux citoyens d'effacer leurs différences. Elle doit leur permettre de vivre ensemble sans que ces différences deviennent des rapports de domination.

Nous n'avons pas besoin d'être identiques pour partager un destin commun.


6. Les réseaux sociaux : des accélérateurs de fractures

Impossible de parler de cette fragmentation sans interroger le rôle des réseaux sociaux.

Les mécanismes de viralité favorisent souvent les contenus qui provoquent une réaction émotionnelle immédiate : indignation, colère, peur, humiliation ou sentiment d'injustice.

Les nuances circulent moins facilement que les accusations. Les explications sont moins spectaculaires que les polémiques. Les discours les plus clivants peuvent devenir les plus visibles.

Et nous finissons parfois par confondre visibilité et vérité, popularité et légitimité, indignation et réflexion.

Nous partageons avant de vérifier. Nous condamnons avant de comprendre. Nous réagissons avant de réfléchir.

Les réseaux peuvent pourtant être des outils extraordinaires de circulation de l'information, de solidarité et de mobilisation citoyenne.

Encore faut-il ne pas leur abandonner notre discernement.

Il faut apprendre à résister à l'injonction de réagir immédiatement, à vérifier les informations, à accepter la contradiction et à ne pas transformer chaque désaccord en affrontement personnel.

La liberté d'expression ne nous dispense pas de notre responsabilité individuelle.


7. Les médias mainstream : quand informer devient parfois contribuer à diviser

Comment parler de la fragmentation de notre société sans interroger le rôle des grands médias ? Regardez aujourd'hui ce qu'il se passe avec CNEWS!

Les médias ont une responsabilité considérable dans la manière dont les citoyens perçoivent le monde, comprennent les événements et construisent leur représentation de la réalité.

Ils ne se contentent pas de transmettre des informations. Par le choix des sujets, leur hiérarchisation, les angles retenus, les mots employés, les intervenants invités et la répétition de certains récits, ils participent à la construction de notre regard collectif.

Informer, ce n'est jamais simplement montrer. C'est aussi choisir ce que l'on montre, comment on le montre et ce que l'on laisse dans l'ombre.

Et c'est précisément là que se pose une question essentielle.

Lorsque les mêmes oppositions sont constamment mises en scène, lorsque les débats se transforment en affrontements de plateaux, lorsque les intervenants sont sélectionnés pour leur capacité à provoquer plutôt qu'à éclairer, que reste-t-il de l'information ?

Lorsque certaines paroles sont systématiquement valorisées tandis que d'autres sont disqualifiées avant même d'avoir été examinées, comment le citoyen peut-il construire son propre jugement ?

Lorsque l'on privilégie les petites phrases, les polémiques, les indignations et les confrontations spectaculaires au détriment de l'analyse et de la contextualisation, ne contribue-t-on pas à entretenir un climat de tension permanente ?

Il ne s'agit pas d'affirmer que tous les journalistes pensent de la même manière, que tous les médias poursuivent les mêmes objectifs ou qu'il existerait une volonté unique et coordonnée de diviser la population.

Il s'agit de regarder les mécanismes à l'œuvre.

La course à l'audience, la recherche du spectaculaire, les logiques économiques, les dépendances financières, les habitudes éditoriales et parfois les proximités idéologiques peuvent favoriser une information de plus en plus polarisée.

Le conflit attire. La nuance demande du temps. La colère fait réagir. La complexité demande un effort.

Et lorsque le conflit devient un spectacle permanent, le citoyen finit par être placé dans une position inconfortable : il doit choisir son camp avant même d'avoir eu le temps de comprendre les enjeux.

Les médias peuvent ainsi, parfois, devenir des accélérateurs de fracture.

La fabrication de l'ennemi

Il existe un mécanisme particulièrement préoccupant : la réduction des individus à des catégories.

D'un côté, les bons citoyens. De l'autre, les mauvais citoyens. D'un côté, les personnes présentées comme raisonnables. De l'autre, celles que l'on considère comme dangereuses, rétrogrades, extrémistes ou infréquentables.

Ce procédé peut fonctionner dans tous les sens et au service de toutes les sensibilités politiques.

Il réduit la complexité humaine à des oppositions simplistes. Il encourage les amalgames. Il installe la méfiance et rend progressivement le dialogue plus difficile.

Or, une personne ne se résume jamais à une étiquette médiatique.

Un citoyen peut partager certaines idées avec un mouvement politique sans adhérer à l'ensemble de son programme. Il peut critiquer une politique migratoire sans être raciste. Il peut dénoncer une dérive religieuse sans être hostile aux croyants. Il peut questionner une institution sans rejeter tout ce qu'elle représente.

Encore faut-il que le débat public permette ces nuances.

Le pluralisme ne devrait pas être une option

Une démocratie vivante a besoin de médias indépendants, contradictoires et pluralistes.

Elle a besoin de journalistes capables d'enquêter sur tous les pouvoirs, de questionner toutes les institutions et de confronter toutes les idéologies.

Elle a besoin de contradictions, de débats argumentés et de paroles qui ne se ressemblent pas.

Mais le pluralisme ne consiste pas simplement à inviter deux personnes qui s'opposent pour organiser un affrontement. Il suppose de donner les moyens de comprendre, de vérifier les faits, de contextualiser les événements et de distinguer les opinions des informations établies.

Nous devons également être capables de questionner les conditions économiques et les structures de propriété des médias, les conflits d'intérêts éventuels et les mécanismes qui peuvent influencer leur indépendance éditoriale.

La critique des médias ne doit pas conduire à rejeter toute information professionnelle ni à croire aveuglément les médias alternatifs. Aucun média n'est dispensé d'exigences de vérification, de transparence et de rigueur.

Le citoyen doit pouvoir comparer les sources, confronter les versions et exercer son propre discernement.

Un média qui ne supporte pas la contradiction participe à appauvrir le débat démocratique. Un citoyen qui ne confronte plus ses sources risque, lui aussi, de s'enfermer dans une nouvelle forme de croyance.

Nous ne pouvons pas dénoncer la manipulation d'un côté et accepter sans examen celle qui nous arrange de l'autre.

La liberté d'informer est précieuse. La liberté de questionner l'information l'est tout autant.

Et peut-être devrions-nous nous poser cette question :

Les médias nous aident-ils encore suffisamment à comprendre le monde dans toute sa complexité, ou participons-nous progressivement à une société dans laquelle chacun ne voit plus que ce qui conforte ses propres convictions ?

Parce qu'une population qui ne partage plus de réalité commune, qui ne se fait plus confiance et qui ne sait plus dialoguer devient une population profondément vulnérable aux manipulations, aux extrémismes et aux affrontements.


8. Comment éviter que notre société ne se fracture définitivement ?

Je ne crois pas que la réponse soit dans davantage d'injonctions, de morale ou de discours culpabilisants.

Je crois qu'elle commence par un changement de posture individuelle et collective.

Nous devons réapprendre à :

  • Distinguer une personne de ses opinions, de ses croyances et de ses appartenances.

  • Critiquer les idées sans déshumaniser ceux qui les défendent.

  • Refuser les amalgames et les généralisations.

  • Protéger la liberté de conscience et la liberté d'expression.

  • Cultiver sa lucidité

  • Accepter la contradiction sans chercher systématiquement à vaincre ou humilier.

  • Développer l'esprit critique plutôt que l'obéissance à un camp.

  • Refuser les discours de haine, quel que soit leur auteur.

  • Reconstruire des espaces de rencontre où les personnes peuvent se parler autrement que par slogans interposés.

Et surtout, nous devons cesser de croire que quelqu'un viendra nécessairement nous sauver de cette situation.

Ni un parti politique, ni un chef providentiel, ni une religion, ni un mouvement idéologique ne pourra reconstruire à notre place ce que nous avons laissé se dégrader.

La responsabilité est collective, mais elle commence aussi individuellement.

À force de nous montrer les uns contre les autres, avons-nous oublié de nous demander ce qui pourrait encore nous rassembler ?


9. Une société divisée est une société fragilisée

Ce qui devrait nous alerter, ce n'est pas que nous soyons différents.

C'est que nous devenions incapables de supporter ces différences.

Ce n'est pas que nous ayons des convictions.

C'est que nous cherchions à les imposer aux autres.

Ce n'est pas que nous ayons des désaccords politiques.

C'est que nous ne sachions plus débattre sans nous détester.

Ce n'est pas que nous défendions nos identités.

C'est que nous en fassions des murs infranchissables.

La haine prospère lorsque la rencontre disparaît. Les extrémismes prospèrent lorsque le discernement recule. Les autoritarismes prospèrent lorsque la peur prend le dessus sur la liberté.

Et lorsque les citoyens cessent de se parler, d'écouter et de se reconnaître mutuellement comme des êtres humains, c'est tout le tissu social qui s'abîme.

Nous devons être capables de regarder cette réalité en face, sans naïveté, sans complaisance et sans renoncer à nos convictions.

Car il ne s'agit pas de défendre une société dans laquelle tout le monde serait d'accord.

Il s'agit de défendre une société dans laquelle nous pouvons continuer à vivre ensemble malgré nos désaccords.


ET SI NOUS REDEVENIONS CAPABLES DE FAIRE SOCIÉTÉ ?

Je voudrais terminer par quelques questions.

Sommes-nous encore capables de rencontrer quelqu'un qui ne pense pas comme nous sans chercher immédiatement à le cataloguer ?

Sommes-nous encore capables de défendre une idée sans mépriser ceux qui ne la partagent pas ?

Sommes-nous capables de reconnaître les dérives de notre propre camp avec autant de lucidité que celles du camp adverse ?

Sommes-nous capables de protéger les libertés de ceux avec lesquels nous sommes en profond désaccord ?

Et surtout, que sommes-nous prêts à faire, individuellement et collectivement, pour éviter que notre société ne devienne un assemblage de communautés qui se côtoient sans jamais véritablement se rencontrer ?

Je ne souhaite pas une société uniforme. Je ne souhaite pas une société où la pensée serait contrôlée, où les différences seraient effacées ou où la contestation serait interdite.

Je souhaite une société capable de préserver ses libertés, de reconnaître sa diversité, de protéger la dignité humaine et de maintenir un espace commun dans lequel chacun puisse trouver sa place.

La lucidité ne consiste pas à choisir un camp et à fermer les yeux sur les dérives du sien. Elle consiste à regarder toutes les dérives en face, y compris celles qui nous dérangent. Et y compris nos propres contradictions!

Nous n'avons pas besoin de davantage de haine. Nous avons besoin de davantage de conscience, de responsabilité, de courage et de discernement.

Parce qu'à force de vouloir gagner contre les autres, nous risquons de perdre quelque chose de beaucoup plus précieux : notre capacité à vivre ensemble.


La question n'est plus seulement de savoir dans quelle France nous voulons vivre. C'est de savoir quelle France nous sommes en train de construire, par nos choix, nos paroles, nos silences et nos actes.

Nous devons reprendre notre liberté de penser. Ne pas laisser les partis choisir nos ennemis, les religions choisir nos vérités, les médias choisir nos indignations ou les idéologies choisir nos frontières.


Lise PHILIPPE ERES Coaching & Formation Comprendre l'humain pour mieux comprendre le monde.



 
 
 

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